Ma démarche artistique

Peinture

Ma démarche artistique prend sa source dans la danse, comme exploration de l’énergie intérieure.

Dans les années 1990, les ateliers expérimentaux de Guy Lafargue et le dispositif Danse Singulière de Marc Guiraud à Bordeaux ont profondément nourri ma pratique.

La découverte de Sam Francis puis de l’action painting (De Kooning) a marqué un tournant vers l’abstraction.

Après plusieurs années consacrées à la sculpture, la peinture gestuelle s’est imposée, fondée sur l’improvisation et libérée du contrôle rationnel.

Mon travail reste profondément corporel : gestes rapides, traces, lavis et coulures composent des toiles aux couleurs vives, cherchant à restituer un magma énergétique intérieur.

Je travaille principalement à l’acrylique, souvent sur de grands formats posés au sol, engageant le corps dans une dynamique chorégraphique.

Le sens émerge dans un second temps, lors de la mise en verticalité.

Le spectateur est alors invité à entrer physiquement dans le mouvement, à suivre les trajectoires du geste et à éprouver le rythme de la peinture, dans une expérience immersive et partagée.

Bellou peint

 

Sculpture

J’ai très tôt éprouvé la nécessité d’un espace de création capable d’absorber et de transformer les tensions internes et corporelles nées de ma pratique clinique.
Dans les années 1990, la danse et la sculpture ont ouvert ce chemin vers une pratique artistique devenue désormais centrale.
La primauté du geste demeure au cœur de la démarche, celle d’un corps engagé comme lieu de passage des tensions, des affects et de la mémoire sensible.

Sculpter est une expérience profondément physique, un rapport direct et engagé avec la matière.

La sculpture des années 1995-2019 concentre cette intensité intérieure dans une forme incarnée, une décantation charnelle du geste.
La matière — marquée, travaillée dans l’épaisseur — garde la mémoire du corps-à-corps avec l’argile.
Sans aucun dessein préalable, le seul choix premier est celui d’une masse d’argile à travailler en totalité, ce qui en est retiré sera aussitôt réincorporé.
La lutte lente et profonde avec la masse fait émerger une forme qui semblait déjà y résider, à mon insu. 
Les contorsions, la frénésie ou l’apaisement des tensions, les émotions et les ressentis corporels constituent autant de traces manifestes de la danse qui m’habite encore.

Le tirage en bronze de pièces figuratives fait écho aux œuvres du début du 20e siècle. Leur taille incite  à se rapprocher et à les toucher.

Au fil du temps, certains bronzes ont été présentés sur un socle de carton compressé, une composition éphémère alliant force, masse et résistance du bronze à la légèreté et l’éphémère du carton, une tension dialectique dans la recherche de l’équilibre parfait.
Un contraste qui détonne et évoque une fragilité de laquelle semble se soutenir et s’élever un personnage tendu ou reposé.

L’utilisation du papier et du carton a opéré depuis une transition parfaite pour des études de volumes, autres champs d’exploration de ma recherche actuelle.

Bellou peint